Phagothérapie Principes
Rédigé par le Docteur Alain DUBLANCHET

Inconvénients de la phagothérapie
(et avantages)
De par la personnalisation de cette thérapie, elle est en effet plus longue, donc plus chère, à appliquer qu’un traitement antibiotique.
En effet, il faut le temps de faire un prélèvement de la bactérie du patient, de la mettre en culture et de faire un phagogramme (recherche du phage le plus efficace). Ce process prend déjà 7 à 10 jours.
Ensuite, il est nécessaire de prendre des phages en quantité afin de “contaminer” proprement et efficacement les bactéries pathogènes. Un traitement par phagothérapie d’une infection urinaire peut nécessiter 2 à 3 mois pour s’assurer de l’éradication des bactéries.
A l’inverse, l’enorme avantage des bactériophages est qu’ils ne provoquent pas de sérieux effets secondaires ni durables, à l’inverse des antibiotiques.
Ensuite, l’avantage de cette thérapie est que si une bactérie devient résistante aux phages adntibiotiques, la science sait refaire un phage plus efficace encore sur la bactérie du patient. Ce qui fait qu’il n’y a jamais d’impasse thérapeutique absolue.
Et enfin, l’énorme avantage de la phagothérapie est qu’elle représente l’ultime solution à ce jour pour des patients en impasse thérapeutique.
Ensuite, un autre avantage de cette thérapie est que si une bactérie devient résistante aux phages administrés, la science sait refaire un phage plus efficace et plus adapté encore sur la bactérie du patient. Ce qui fait qu’il n’y a jamais d’impasse thérapeutiques absolue.
Et enfin, l’énorme avantage de la phagothérapie est qu’elle représente à ce jour l’ultime solution pour des patients en impasse thérapeutique.
Qu'est ce que la phagothérapie?
La phagothérapie est une technique thérapeutique qui utilise les propriétés bénéfiques des phages (bactériophages) pour lutter contre les infections bactériennes. Les phages sont des virus qui infectent et détruisent les bactéries, mais ne causent aucun dommage aux cellules humaines ou animales. C'est pourquoi cette thérapie n'a aucun effet secondaire reconnu depuis 100 ans d'utilisation. Il s’agit de trouver et d’identifier les virus particuliers adaptés à l’infection. Ensuite, il faut les déposer sur le site infecté par les bactéries (et uniquement des bactéries) pour qu’ils les détruisent. Ces virus se multiplient alors et continuent de détruire d’autres bactéries identiques qu’il va rechercher et trouver.
La phagothérapie est utilisée avec succès dans le traitement des infections bactériennes résistantes aux antibiotiques, telles que, entre autres, les infections à staphylocoques dorés, les infections à Pseudomonas aeruginosa et les infections à Escherichia coli, les infections à Klebsiella. Elle est également utilisée dans le traitement des problèmes gastriques (gastroentérologie) pour réguler le microbiote, ainsi qu'en ophtalmologie pour traiter des infections de l'oeil.
Il est important de noter qu'il est nécessaire de consulter un médecin spécialisé avant de recourir à cette technique thérapeutique. En outre, il est important de travailler avec des professionnels qualifiés qui ont une expérience dans l'utilisation des phages pour éviter les risques potentiels et maximiser les avantages. Avec le temps et l’expérience, les médecins sont montés en compétence dans la façon d’appliquer la phagothérapie.
Que sont les bactériophages?
Comment sont préparés les phages?
Quelle est la différence entre les phages et les antibiotiques?
Comment sont appliqués les phages pour traiter les patients?
Qui a découvert la phagothérapie?
Un franco-canadien, Félix d’Hérelle, alors chercheur à l’Institut Pasteur, a observé en 1917 que certains prélèvements de malades atteint de dysentérie déposés sur des boites de Pétri laissaient apparaître des « plages claires ». Il a eu l’idée de faire un prélèvement de ces « plages claires » et de le déposer sur d’autres boites de Pétri où la même bactérie poussait normalement en tapis homogène. Il a alors constaté l’apparition de nouvelles « pages claires » au niveau des dépots, ce qui indiquait un empéchement de la culture par destructions bactériennes. Il a alors fait l’hypothèse qu’il y avait au niveau des « plages claires » un microbe tueur de la bactérie. Il les a appelés “bactériophages” (du grec Phagos = manger), ces microbes de micobes des “mangeurs” de bactéries. Ultérieurement le nom a été simplifié en “phages”.
A cette époque il s’agissait d’une hypothèse audacieuse car le microscope électronique n’exitait pas encore (il est apparu que dans les années 40) et qu’il était impossible de les objectivés visuellement, ce lui valu des critiques violentes proférées par les plus éminents savants dont le prix Nobel Jules Bordet.
En 1919, Félix d’Hérelle a eu l’idée d’isoler ces bactériophages actifs pour les donner d’abord à des animaux (poules) puis de s’en servir pour un usage thérapeutique à des patients infectés. Pour convaincre ses collègues de l’inocuité des phages préparés, il avala lui-même et fit avaler à ses collaborateurs et à des médecins ses premières préparations de phages. Il traita alors des enfants atteints de la shigellose (infection fréquente en France à l’époque, grave voire mortelle) et réussit à les guérir : il venait d’inventer un nouveau traitement qu’il batisa la « phagothérapie ». Il est allé en Géorgie en 1920 pour y créer un institut de la phagothérapie. Très rapidement le Monde entier (Europe, Amériques, Asie) s’empara de ce traitement malgré une controverse sur la nature même du principe.
Pourquoi les phages ne sont pas utilisés en France?
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) n’est pas stritement opposée à la phagothérapie, mais à condition que soit respecté le cadre réglementaire du médicament (et avant tout sa fabrication) qui n’est toujpours pas adapté à un tel produit biologique. Toutefois, en l’absence d’un tel cadre officiel, une autorisation compassionnelle peut être accordée pour des cas en échec thérapeutique confirmé avec une bactérie multirésistante et un pronostic fonctionnel ou vital est engagé. Ces conditions strictes limitent considérablement les cas officiellement autorisés et la phagothérapie reste un traitement exceptionnel. C’est dans ce contexte que certains patients, désespérés, se tournent vers le « tourisme médical ». Extrait du Compte rendu du 4 mars 2021 de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques organisé par l’Assemblée Nationale française qui explique celà (totalité du compte-rendu disponible en cliquant sur le lien suivant : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/ots/l15ots2021101_compte-rendu :
“ Le Docteur DUBLANCHET, expert français de la phagothérapie, se bat depuis plus de 20 ans pour essayer de faire revenir la phagothérapie en Europe :
Alain DUBLANCHET
Laurent DEBARBIEUX, chercheur à l’institut Pasteur de Paris, est également un fervent défenseur de la phagothérapie :
https://www.pourlascience.fr/auteur/laurent-debarbieux
https://orcid.org/0000-0001-6875-5758
La phagothérapie à l’Institut Pasteur :
Institut Pasteur : Bactériophage, bactérie, hôte
Pourquoi la phagothérapie est-elle autorisée en Géorgie?
La Géorgie n’a, quant à elle, jamais arrêté d’utiliser la phagothérapie qui n’y a jamais été interdite. Peu après l’arrivée du communisme, un institut de recherche en phagothérapie a été créé dans sa capitale en 1923. Il y a été créé par Félix d’Hérelle, le découvreur du bactériophage et inventeur de la hagothérapie, en collaboration avec le chercheur Géorgien et son élève, Giorgi Eliava. Ce centre est aujourd’hui batisé de son nom s’appelle l'Institut Eliava
.
Durant la période soviétique, les antibiotiques étaient moins utilisés en URSS qu’en Occident, et les phages ont toujours été autant adoptés, étudiés, echerchés. Ce qui a fait de la Géorgie l’endroit au monde le plus expériementé (100 ans de pratique) avec une des plus grosses collections de phages du monde (estimée à plus de 6000).
A ce jour, la phagothérapie est toujours enseignée en école de médecine en Géorgie, ce qui n'est pas le cas en Occident. Les médecins Géorgiens ont un savoir, une expérience, les autorisations, un arsenal de phages conséquent pour pouvoir traiter efficacement les patients.

